
La fabrication du papier japonais Washi
La fabrication du papier japonais Washi : Un savoir-faire ancestral
Origines et histoire du Washi
L'introduction de la fabrication du papier au Japon remonte au VIIe siècle, grâce aux moines bouddhistes venus de Chine et de Corée. L'une des premières mentions écrites du Washi apparaît en 702 dans les archives du gouvernement japonais. La production s’est développée sous l’influence de l’ère Nara (710-794), puis a connu une expansion importante durant l’ère Heian (794-1185), où il était utilisé pour la calligraphie, les rouleaux de sutras et les documents officiels.
Durant l’ère Edo (1603-1868), le Washi devient omniprésent dans la culture japonaise, servant à la confection de paravents (byōbu), lanternes, éventails, et même dans l’architecture avec les portes coulissantes (shoji). Malgré l’industrialisation du papier occidental au XIXe siècle, certaines régions du Japon ont su préserver cet artisanat ancestral.
Les matériaux utilisés
Le Washi est fabriqué à partir de fibres végétales provenant de plantes spécifiques :
- Le mûrier à papier (Kōzo) : le matériau le plus couramment utilisé, offrant une grande résistance et longévité.
- Le mitsumata : une plante donnant un papier plus doux et brillant, prisé pour l’impression et la calligraphie.
- Le gampi : produisant un papier naturellement lustré et imperméable, utilisé pour des documents officiels.
Outre ces fibres, la fabrication traditionnelle inclut l’utilisation de l’eau pure des montagnes et du nori, une substance végétale visqueuse issue de la racine de tororo-aoi (Abelmoschus manihot), servant de liant naturel.
Les techniques de fabrication du Washi
La fabrication du Washi est un processus long et minutieux qui suit plusieurs étapes clés :
- Récolte et préparation des fibres : Les branches de mûrier sont récoltées en hiver, puis trempées dans l’eau pour ramollir l’écorce.
- Cuisson et purification : L’écorce est ensuite bouillie dans une solution alcaline (souvent des cendres de bois) pour retirer les impuretés.
- Broyage et battage : Les fibres sont ensuite battues à la main ou au maillet pour obtenir une pâte homogène.
- Fabrication des feuilles (Nagashizuki) : Cette méthode spécifique au Japon consiste à tremper un tamis en bambou dans la pâte de papier et à effectuer des mouvements de va-et-vient pour entrelacer les fibres et créer une feuille uniforme.
- Pressage et séchage : Les feuilles sont pressées pour en extraire l’eau, puis séchées à l’air libre sur des planches de bois ou des murs chauffés.
La place du Washi aujourd’hui
Malgré la production de papier industriel, le Washi conserve une place précieuse dans l’art et l’artisanat japonais. Il est encore utilisé pour la restauration d’œuvres d’art, la reliure de livres rares, la papeterie haut de gamme et l’origami. En 2014, l’UNESCO a inscrit la fabrication traditionnelle du Washi au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Le Washi demeure un symbole du raffinement japonais, perpétuant une tradition qui allie nature, esthétique et savoir-faire ancestral.